EAU

 

17 Mars 2011 - Le Messager

 

17 Mars 2011 - Le Messager - Les ressources en eau de la commune profitent aux Gêtois
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L'eau d'Essert-Romand ( commune rurale, prix de l'immobilier 2011 à 2681€ / m2 ) remonte les pentes pour que Les Gets et ses milliers de lits touristiques ( prix de l'immobilier 2011 à 4476 € / m² ) puisse continuer à alimenter ses canons à neige et arroser son golf 18 trous.

 

 

23 Mars 2011 - Le Canard enchaîné

 

Brève sur la Guerre de l'eau

23 Mars 2011 - Le Canard enchaîné - Guerre de l'eau
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16 Mars 2011 - Les Echos

 

Les canons à neige déclenchent une guerre de l'eau

Dans les Alpes, la sécheresse de l'hiver révèle les limites d'un système industriel qui transforme l'eau en neige et détruit les milieux naturels.

 

Bonne nouvelle ! La neige est au rendez-vous », annonçait France Montagnes, association de professionnels et d'élus, pour les vacances de février. « Malgré le redoux de ces dernières semaines, 82 % des pistes du domaine skiable français sont en effet ouvertes à la clientèle pour la pratique de toutes les glisses. » Un constat qui relève de l'exploit en cet hiver où, comme le constate Météo France, « dans les Alpes du Nord, le déficit d'enneigement est très important. Les hauteurs de neige se situent en général parmi les 5 hivers les plus faiblement enneigés à cette période depuis trente à quarante ans ».

Du coup, les stations ont massivement recours à la neige artificielle (joliment rebaptisée « neige de culture »), au point de faire réagir les conseillers régionaux écologistes de Rhône-Alpes dans un communiqué : « Il fait sec en ce moment sur les Alpes du Nord ; très sec. Pourtant, partout en montagne, les canons à neige continuent à cracher de l'"or blanc" sur les pistes de ski. Or les retenues collinaires qui les alimentent en grande partie sont aux trois quarts vides. »

Pour Claude Comet, conseillère régionale (Europe Ecologie-Les Verts) déléguée au tourisme et à la montagne, « les gestionnaires des stations sont prêts à aller chercher jusqu'à la dernière goutte d'eau pour "fiabiliser le produit neige", comme ils disent. Sans contrôle, puisque les agences de l'eau et les préfectures n'ont pas les moyens de mettre en place une réelle police de l'eau, quand les préfectures n'autorisent tout simplement pas les prélèvements ! »

 

Un atout pour les stations

 

C'est pourquoi, fin février, la Commission internationale pour la protection des Alpes, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature et Mountain Wilderness France ont envoyé une lettre au préfet coordinateur du massif des Alpes, pour tirer « la sonnette d'alarme » et demander de « faire respecter la loi sur les débits réservés », c'est-à-dire le volume minimal d'eau qu'il convient de conserver dans un ruisseau « et d'intensifier les contrôles sur les prélèvements d'eau ».

« Les structures de réglementation existent et fonctionnent et toutes nos activités, tous nos prélèvements se font sous le contrôle des autorités et de la police de l'eau », commente Laurent Reynaud, directeur général de Domaines skiables de France (DSF), qui regroupe l'ensemble des opérateurs de remontées mécaniques. Pour les derniers, « la neige de culture permet de réduire l'exposition à l'aléa climatique et de sécuriser les recettes ». Conséquence, si l'on compare deux saisons marquées par un faible enneigement, la fréquentation avait baissé de 30 % en 1989-1990, mais de seulement 15 % en 2006-2007.

Ce résultat mérite-t-il pour autant l'investissement de près de 1,2 milliard d'euros réalisé par les stations françaises depuis 1993 en installations de neige artificielle ? En 2010, leur chiffre d'affaires a baissé de 2,3 % par rapport à la saison précédente, à 1,15 milliard d'euros, et la profession dénonce « un effet de ciseaux de plus en plus marqué » entre les coûts de production et le prix du forfait vendu au skieur. Pour retrouver de la marge, les opérateurs exigent en permanence de nouveaux programmes immobiliers, lesquels demandent une extension des domaines skiables. Une fuite en avant qui entraîne une pression sur le milieu naturel et une forte demande en eau.

 

Risques de pénuries

 

Dans le même temps, le Giec et l'Agence européenne de l'environnement (AEE) observent que la température moyenne des Alpes a augmenté de 1,5° C en un siècle, soit deux fois plus vite que le réchauffement total du globe terrestre. A terme, c'est une augmentation des températures de 2,6 à 3,9° C qui est à prévoir d'ici à 2100. « Le château d'eau des Alpes est extrêmement sensible et vulnérable aux évolutions des processus météorologiques et climatiques ou de l'utilisation de l'eau par la nature et les hommes. Toute dégradation peut avoir une influence sur la qualité et la quantité d'eau fournie à des dizaines de millions d'Européens », indique l'AEE.

Pour compenser le changement climatique, les stations se constituent des réserves d'eau en construisant des retenues collinaires, où l'eau est stockée depuis l'été. Si celles-ci fournissent 55 % des besoins pour la neige de culture, 30 % sont encore prélevés dans les cours d'eau et 15 % sur les réseaux d'eau potable. « Le prélèvement sur [ces derniers] peut entraîner des problèmes de pénuries chroniques et n'est pas suffisant. Le prélèvement dans les eaux superficielles est historiquement la première technique utilisée, mais ses conséquences environnementales sont désastreuses ; en effet, les installations ne sont tenues de respecter aucun débit réservé et sont libres de prélever la totalité du débit », écrit Philippe Lacroix, auteur en juillet 2009 d'un mémoire sur « La relation entre prélèvements et disponibilités des ressources en eau dans les Alpes », réalisé dans le cadre d'un projet européen. Dans les Alpes, « jadis considérées comme le château d'eau de l'Europe, la surpression due au tourisme de masse a d'ores et déjà causé des situations de pénurie, ce qui était impensable il y a quelques années encore », démontre-t-il, avec des exemples à Samoëns, Les Gets ou Les Arcs.

Pour Philippe Bourdeau, enseignant chercheur à l'Institut de géographie alpine de Grenoble, le problème posé par l'utilisation des canons à neige est le « révélateur d'une monoculture de la neige ». Une logique où tous les crédits accordés pour la diversification des sites en moyenne altitude ont été consommés en installations de neige de culture.

A terme, l'association Mountain Wilderness envisage la phase suivante, celle d'une réfrigération de l'eau, si la température n'était pas assez négative pour en fabriquer ! « Il y a vingt ans, il fallait sortir du "tout-ski", alors sont apparues les nouvelles glisses ; il y a dix ans, il fallait sortir du "tout-neige", la réponse fut l'enneigement artificiel ; aujourd'hui, il s'agit de sortir du "tout-tourisme en montagne" et de sortir de cette dépendance fragile en diversifiant l'écosystème vers l'agriculture, l'artisanat, l'industrie », analyse Philippe Bourdeau.

 

 

chiffres clefs :

 

  • La quasi-totalité des stations sont aujourd'hui équipées contre10 en 1980.
  • Plus de 5.300 hectares ont été enneigés artificiellement en 2010 en France, soit 20 %du domaine skiable, contre 60 % en Autriche et 80 % dans les Dolomites (Italie).
  • Les canons consomment 26.000 kWh d'électricité par an par hectare de piste.
  • Il faut 1 mètre cube d'eau pour produire de 2 à 2,5 mètres cubes de neige, soit 4.000 mètres cubes d'eau par hectare.
  • Rentables à partird'un chiffre d'affaires annuel de 2 millions d'euros, les lourds investissements sont en principe amortis en dix ans.
  • Longtemps cantonnées à un volume moyen de stockage de 20.000 à 50.000 mètres cubes, les retenues collinaires entrent dans le gigantisme : 406.000 mètres cubes pour celle d'Arc 2000 (Savoie).

 

 

27 Septembre 2010Développement durable.com

 

Montagnes : « la colonne vertébrale écologique de l’Europe » est en danger

 

Les 22, 23 et 24 septembre se sont tenus à Megève (Haute Savoie), les Etats Généraux de l’Eau en Montagne. L'objectif ? Etablir un constat des conséquences du réchauffement climatique sur les montagnes européennes et le système hydraulique des grands fleuves qui dépendent d’elles. Les experts tirent la sonnette d’alarme.

 

600 experts venus des quatre coins du globe se sont déplacés à Megève pour discuter des montagnes européennes devenues « les premières victimes du réchauffement climatique ». Les rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sont sans équivoque : les glaciers alpins ont perdu entre 20 % et 30 % de leur volume depuis 1980 et pourraient à ce rythme régresser de 30 à 70 % de leur volume actuel d’ici 2050.

 

Comme le Giec est parfois sujet à caution, citons l’Agence européenne de l’environnement (AEE) pour qui la température moyenne des Alpes aurait augmenté de 1,5°C en un siècle soit deux fois plus vite que le réchauffement total du globe terrestre (de + 0,74 à + 0,81°C). A terme, c’est une augmentation des températures de + 2,6 à + 3,9°C qui est à prévoir d’ici 2100.

 

Or, les Alpes sont le « château d’eau » de L’Europe : la perturbation de son cycle de l’eau représente une « menace de pénurie d’eau douce » pour les populations, estime Jean-François Donzier, directeur de l’Office international de l’eau et initiateur des Etats Généraux de l’eau en Montagne. En effet, les montagnes sont au cœur du système hydraulique des grands fleuves européens : la fonte de leurs glaciers déstocke, au printemps, l’eau qui alimente les fleuves (Rhin, Rhône, Pô etc.) en période estivale. Une perte de volume de ces glaciers entrainerait une sécheresse accrue des cours d’eau. On observerait alors, d’ici 2100, une réduction des débits des fleuves de 17 % au printemps jusqu’à 55 % en été.

 

Dans ce scénario catastrophe, la période hivernale réserverait également son lot de surprises : du fait du « réchauffement alpin », les précipitations ne tomberont plus sous forme de neige mais de pluies avec un risque de gonfler les cours d’eau et d’aggraver les inondations des fleuves dans les plaines.

 

Répercussions énergétiques

 

Au delà des bouleversements écologiques à proprement parler (érosion, glissement de terrain, dégradation de la qualité des rivières, modification de la faune et de la flore montagnardes), la mise en péril des Alpes pourrait entrainer des répercussions économiques non négligeables avec, en première ligne, une fragilisation de notre développement énergétique : production hydroélectrique et nucléaire.

 

En effet, moins de débit équivaut à une perte d’énergie activée par la force de l’eau et donc au final une baisse de la production d’électricité qui pourrait ainsi avoisiner les 15 %. Quand on sait que le parc hydraulique d’EDF présent dans les Alpes, Unité de production Alpes (120 centrales, 132 barrages), permet de produire 15 milliards de Kilowattheure par an, il est facile de juger de l’importance de la perte.

 

L’énergie nucléaire pourrait également pâtir de cette situation, estime Jean François Donzier dans une interview accordée à Libération : « Que feront les « EDF » de chaque pays pour refroidir leurs centrales thermiques et nucléaires en pleine canicule estivale alors que les rivières seront à sec ? »

 

C’est donc bel et bien toute notre stratégie énergétique qui pourrait « tomber à l’eau », si nous ne préservons pas nos massifs montagneux.

 

 

26 Septembre 2010 - Le Monde

 

Les Alpes, un "château d'eau" ébranlé par le réchauffement du climat

 

"Les Alpes sont certes un château d'eau, mais il fuit !" Cette réflexion, relevée lors de la synthèse des Etats généraux de l'eau en montagne, qui se sont achevés vendredi 24 septembre à Megève (Haute-Savoie), traduit la prise de conscience générale de la nécessité de mieux gérer la ressource.

 

Le constat est partagé entre les gestionnaires, experts internationaux et universitaires sur le caractère inéluctable du changement climatique : les températures ne cesseront pas d'augmenter, la diminution de l'enneigement et la fonte des glaciers vont perturber les régimes hydrauliques des grands fleuves européens qui ont leurs sources dans les Alpes et cela à une échéance annoncée de quarante à cinquante ans.

 

Les précipitations qui tombent aujourd'hui sous forme de neige tomberont sous forme de pluie, ce qui augmentera le risque d'inondations en aval en période hivernale, tandis que la disparition de la masse glaciaire engendrera une baisse conséquente des niveaux d'eau à la fin de l'été. Le niveau des barrages sera aussi affecté, entraînant une baisse de la production d'hydroélectricité évaluée à 15 % en moyenne.

 

"Aujourd'hui la question n'est plus d'en discuter, la question est de dire : on fait quoi ?", résume Jean-François Donzier, directeur général de l'Office international de l'eau, organisateur des rencontres. "Tout ce qu'il faudra faire, on le sait déjà, précise M. Donzier. Il ne s'agit pas d'innovation technologique, mais juste d'un changement de pratiques." Les montagnards sont ainsi appelés à économiser l'eau et à trouver tous les moyens de la stocker avant qu'elle ne s'échappe trop rapidement vers les plaines.

 

Certaines collectivités territoriales lancent déjà des programmes de suivi de la ressource. En Savoie, le conseil général possède un réseau de mesures sur les débits de sources gravitaires qu'il va renforcer dans les deux prochaines années. "L'objectif est d'avoir un état des ressources et des besoins en eau par usage sur l'ensemble de la Savoie, que ce soit l'hydroélectricité, l'eau potable, l'irrigation agricole, la neige de culture, sans oublier les milieux aquatiques pour les sports d'eau vive", explique Christian Mourembles, chargé de l'eau à la direction environnement et paysages du conseil général. "Nous devons comprendre jusqu'où nous pouvons aller et cela passe par une vision globale de tous les usages."

 

Reste ensuite à élaborer les stratégies de stockage : "On commence à redécouvrir que les lacs, les tourbières, la forêt, les pâturages, que certaines formes de pratiques agricoles favorisent le stockage de l'eau ou, en tout cas, ralentissent le ruissellement vers les plaines", remarque M. Donzier, qui voit là une opportunité pour réinventer une nouvelle utilisation du sol.

 

Antoine Rouillon, expert conseil des Etats généraux, estime que cela nécessite un changement radical des modes de décision. "Nous devons passer d'une logique réparatrice des milieux naturels dégradés à des procédures solides de prévention et prendre en compte les milieux aquatiques en préalable à l'aménagement du territoire, dit-il. Cela nous permettra de passer de la culture du jour d'après la catastrophe à la culture du jour d'avant."

 

Cette culture a un coût que les communautés montagnardes entendent partager avec les habitants des plaines. "Nous ne demandons pas de compensation mais bien l'identification des services que nous rendons et qu'ils soient rémunérés à ce titre", affirme Pierre Lachenal, directeur de la Société d'économie alpestre de la Haute-Savoie.

 

Une des propositions des rencontres est de développer une "hydrosolidarité" par des mécanismes financiers compensatoires aux aménagements, à l'instar de la taxe sur les espaces naturels sensibles prélevée par les départements sur toutes les constructions. Cette fiscalité permettrait d'instaurer une solidarité des plaines vers les montagnes et reconnaîtrait le rôle stratégique des politiques de gestion de la ressource en altitude.

 

Si ces convictions sont portées par l'ensemble des participants des Etats généraux, il reste à les faire partager bien au-delà des massifs alpins. "Cette prise en compte sera difficile", avertit Michel Dantin, député européen et président du comité de bassin Rhône-Méditerranée. Pour lui, "la directive cadre européenne sur l'eau n'a pas traité la question de la montagne et la Commission européenne n'a qu'une vue très lointaine de celle-ci : celle d'un territoire où il y a des ressources propres importantes, à savoir la neige !"

 

 

Nos Arguments :

 

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(Rigaut :

Maire d'Annecy)