Albertville 1992

 

29 Novembre 2010Cipra France

JO - Mauvais Bilan pour Albertville

 

Message reçu de J. Blanc sur Albertville / Annecy

 

Je tenais à rappeler que l'autoroute de Maurienne financée par les communes, le département, n'a pu être finie pour 1992 comme prévu en accord avec les Piémontais qui eux ont fini leur coté jusqu'au tunnel du Fréjus pour 1992 !

En effet l'argent prévu pour la faire a été mis sur la Tarentaise, pour la 4 voies et les JO !BARNIER avait dit "les JO paieront les JO !" Comme ce fut loin d'être le cas, non seulement l'autoroute de Maurienne fut finie bien plus tard, mais l'incinérateur de Gilly qui devait être refait et mis aux normes et agrandi juste après les JO ne pu être refait faute de moyens du département et de toute la Vallée, complètement asphyxiée par les investissements colossaux qu'elle du faire pour ces JO avec finalement très peu d'aide de l'Etat en rapport à l'image qu'en retira la France aux yeux du monde !

Alors quand je vois le résultat et le nombre de gens malades et morts à cause de tout ça, je dis "halte au nombrilisme !" Gens d'ANNECY, ne demandez pas à être le nombril de la France pour 15 jours, car vous aurez en récompense "38 ans de maux de bide" dus à une formidable hausse des impôts et autres taxes imposées par votre Maire et votre CONSEIL GENERAL OU REGIONAL pour payer la dette colossale des JO de 2018 alors que nous n'avons pas fini de payer pour ALBERTVILLE !

En plus, en cas de fusion des départements, nous aurions, nous Savoie du sud, à payer en plus de l'ardoise "Albertville", l'ardoise "Annecy" !!!

Alors NON MERCI, les Ducs et Barons français ou savoyards !!!

Pas à nos frais, votre gloriole !

 

Un petit rappel de l'Historique des JO d'Albertville de 1992

Grenoble 1968, Isère, France... Les Jeux Olympiques d'hiver vont se solder par un désastre financier. Les français vont éponger les dettes pendant 25 ans.

5 décembre 1981: L'idée des J. O. de Savoie est lancée; le 11 décembre, le projet prend forme à Val d'Isère (Savoie), la station huppée de Jean-Claude Killy et de Michel Barnier (originaire de La Tronche, Isère, fief d'Alain Carignon).

Depuis des années, Barnier vise la Savoie où il occupe désormais ses fonctions. Le 26 janvier 1983, le dossier est déposé et le 27 avril 1984, l'Association de Création du Comité de Candidature est enregistrée. Sont nommés président et vice-président: Michel Barnier et Jean-Claude Killy. Du 3 au 6 juin 1986, la candidature de la Savoie est défendue à Berlin-Est à une cession du CIO (Comité International Olympique présidé par Juan Antonio Samaranch, multimilliardaire propriétaire de plusieurs banques et membre de l'Opus Dei).

 

La suite sur le site de Michel Mahler ... 1ère partie - 2nde partie

 

Le Véritable impact économique des Jeux Olympiques d'Albertville

Michel Barnier nous avait promis l’équilibre pour les JO d’Albertville, résultat : 42,7 millions d’euros de déficit pour les JO financés à 75% par l’état et 25% par le département, 4.7 millions d’euros de déficit pour Albertville, 9.15 millions d’euros pour Brides les Bains + un prêt de 58.8 millions d’euros jamais remboursé. Total 115 M d’euros.

 

Le solde migratoire est négatif entre 1990 et 1999 (période post olympique) se traduisant par une perte de population dans le canton d’Ugine et, dans une moindre mesure, à Albertville, preuve de la disparition de l’emploi : Les emplois stables ont régressé, passant de 74 MF en 1997 à 54 MF en 1998 et 61 MF en 1999. La chambre régionale de la cour des comptes a fait deux rapports catastrophistes sur les JO d’Albertville demandant de limiter l’investissement et de contenir les frais de fonctionnement permettant juste l’entretien de ce qui existait alors. Elle incitait également à une hausse des taux de la fiscalité locale de 4,5 %. »Pour le budget 2009, deux scénarios se sont présentés, le premier se reposait sur le maintient de l’investissement et passait par la hausse substantielle des impôts (de l’ordre de 25%). Le second passait par aucune augmentation, ce qui engendrait une masse d’investissement ridiculement faible, ne permettant même pas d’entretenir le patrimoine et réduisant donc la commande publique à peau de chagrin, détruisant l’emploi local.

Ce n’est pas grave les multinationales, prestataires des JO92 se sont gavées, elles de l’argent public !

 

Citons Bernard Delcroix, de la chambre de commerce de Chambéry :

L’événement était trop grand pour la Savoie et ses PME, qui n’ont pas pu profiter des bénéfices directs des retombées”. Les emplois créés temporairement sont précaires (interim), imposent heures supplémentaires, pression pour tenir les délais, conditions de travail épuisantes et dangereuses (effondrement du toit du dôme à Vancouver).

 

Si les jeux crééront 14000 emplois de 1985 à 1990, le chômage est passé de 6,9% à 8,5% entre 1990 et 1992, suite à au brusque arrêt de la commande publique. La Maurienne a bénéficié de plus de créations d'entreprises que la Tarentaise.

 

Voir la vidéo de l'INA : Les retombées économique de JO d'Albertville 1 an après

 

Au bout de 18 ans la halle olympique est déjà à bout de souffle. Cinq scénarios se profilent pour la remettre à neuf ou la remplacer allant de 5 à 19 M€. On nous avait promis (comme on le fait pour les patinoires surdimensionnées des JO d'Annecy) qu'elle serait rentable, son déficit est de 300 000 € par an. Déficit total après les travaux = 18*300 000 + 5 à 19 millions = 10,4 à 24,4 millions €..... en plus des déficit expliqués ci-dessus.

 

La commune de Pralognan (665 habitants) a dû emprunter 44 millions de francs (6,7M€) pour construire le complexe touristique destiné à l'épreuve - confidentielle - de curling. Alors que son budget de fonctionnement n'était que de 30 millions de francs (4,57M€) , la commune de Brides-les-Bains (606 habitants) a investi 200 millions (30,49M€) ( avant les Jeux, dont 80 millions (12,19M€) pour une télécabine reliant Méribel et qui n'attire pas vraiment la grande foule. Avec un programme au-dessus de ses moyens, la commune s'est trouvée incapable d'assurer ses paiements.

Tout cela sans parler des dérapages dans les coûts de construction des équipements sportifs : la piste de bobsleigh, à La Plagne, a coûté 220 millions de francs (33,6M€), alors que l'évaluation initiale était de 130 millions(19,8M€), il faudra ajouter la rénovation en 2005 qui coutera 6,3M€ supplémentaires.. Et le tremplin de saut de Courchevel est revenu à 134 millions de francs (20,4M€), contre une évaluation initiale de 61 millions (9,3M€)

 

Comme le souligne l’étude réalisée par le Programme Pluridisciplinaire en Sciences Humaines Rhône-Alpes en 1991 : « les retombées industrielles seront ponctuelles, l’engouement pour les pratiques de ski est déjà bien établi, et la création d’installations olympiques présente des difficultés d’insertion dans le parc immobilier et des déséquilibres intercommunaux. »

Malheureusement, comme l’écrit Lyon Libération le 17 août 1992, les sites olympiques se réveilleront « avec la gueule de bois ». Malgré les belles promesses, les investissements se sont révélés démesurés et malgré les recettes, les Jeux n’ont pas payé les Jeux. Le déficit se monte officiellement à 280 millions de francs ( 42,7M€ ), soit 6,6 % du budget de 4,2 milliards de franc ( 640M€ ) (Le Monde, 9 juillet 1992). Il faudra rajouter les 386 millions de francs (58,8M€) consentis par l’Etat au COJO et qui ne seront jamais remboursés.

 

Les communes des Jeux elles aussi sont dans le rouge : 31 millions de francs (4,73M€) pour Albertville par exemple.

Ces jeux étaient les premiers en France affichant une volonté d’aménagement durable. Les résultats après la fête sont mitigés comme le résume le journal La Croix le 23 août 1992. La construction des stations d’épuration et les usines d’incinération et de traitement des déchets permettent d’éviter toute pollution de la rivière Isère dans la vallée de la Tarentaise.

Et la FRAPNA regrette que l’on ait fait « comme avant : urbaniser, terrasser, déboiser » et que ces Jeux aient été l’occasion de faire passer en force des opérations immobilières jusqu’alors repoussées.

 

Monsieur Gibello repond à la chambre régionale de la cour des comptes, suite au rapport sur la situation financière d'Albertville après l'exercice 2003.

 

Les JO un véritable accélérateur de projets:

 

"Au cours de la préparation des jeux olympiques de 1992, la ville avait pris naturellement un certain retard dans l'entretien ou le renouvellement d'équipements qui n'étaient pas concernés par cet évènement.

 

Nous ne pouvions pas retarder davantage ces investissements, dont je cite seulement quelques exemples significatifs : rénovations d'écoles maternelles et primaires, construction d'une école maternelle en centre ville, construction d'un gymnase en centre ville, dans le cadre de la rénovation de la cité scolaire Jean Moulin, et entretien lourd du patrimoine culturel, de Conflans en particulier, tels l'église Saint Grat et le château Manuel de Locatel... sans oublier la rénovation du tissus urbain (place Grenette, place derrière l'hôtel de ville...) ces exemples n'étant bien entendu pas exhaustifs."

 

Quelles conclusions en tirer?

 

- D'abord que lorsque Monsieur Gibello fait son bilan, il ne se fait aucun cadeau, il est son pire adversaire politique.

 

- Ensuite, il nous explique clairement que les jeux olympiques provoquent des travaux qui leurs sont propres, et qui n'interessent que la minorité qui va en profiter aux dépends des biens collectifs : services publics et biens culturels.

 

- Que cela engendre de l'endettement plus de dix ans après, par l'usure des batiments due au manque d'entretien, par le retard à rattrapper, par l'inflation entre temps, par les intérêts des prêts.

 

 

Nos Arguments :

 

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(Rigaut :

Maire d'Annecy)